Recettes Mauricienne Des cuisinieres à votre service Ecouter du sega Faire la fete à Paris



Présentation
Géographie et histoire
Culture 
Hindouisme
Developpement eco
Culture musicale

Préparez votre voyage
Visite virtuelle de l'hotel
Preferez une villa
Comparateur de prix
Conseil de voyage

Votre voyage
Une ile pleine de richesses
Les loisirs
Les bons plan shopping
Location voiture 
Avis

Partenaires
120-90 watcast sur TF1



Culture musicale : le Sega

Ti-frère : figure mythique du séga mauricien  Véritable figure mythique de la chanson mauricienne, Ti-frère, Alphonse Ravaton de son vrai nom, est demeuré aujourd’hui, même à l’ère du raggamuffin, un incontournable de la musique mauricienne. Il est bon de se rappeler parfois l’itinéraire de celui qui incarne l’imaginaire musical mauricien...

Le visage fripé, la voix rauque et le regard vif, tels sont les traits que le Mauricien d’aujourd’hui retient de Ti-frère. On se souvient également de certaines mélodies, telles ‘Roseda’, ‘Papidou’, ‘Anita’, ‘La colère prend moi’, ‘Ti Pierre, ti Paul’… Des mélodies qu’on a entendues pendant l’enfance et qui demeurent enfouies dans la mémoire collective mauricienne.

Ti-frère est désormais une institution. En effet, le séga mauricien se décline sous les airs qu’il nous a laissés. Face au vide qui existait pendant l’ère coloniale au niveau du séga et de la culture afro-mauricienne, Ti-frère a tout inventé. La mélodie qui caractérise le séga d’aujourd’hui est un emprunt propre à ses influences ... 

Quelques extraits de morceaux de Ti Frère :

Quelques extraits de morceaux de Cassiya :

Séparation
Z'oiseau
Kitolé
Naryé pas éfasé

Quelques extraits de morceaux de Kaya :


Quelques extraits de morceaux de Gangsta Beach :


"Pariage séga" et "Bal zarico"


La formation d’un ‘séga-band’ composé de joueurs de ‘triangle’, ‘ravanne’ et ‘maravane’ est aussi typique des troupes qui participaient aux ‘pariage séga’ (concours de séga) auxquels prenaient part Ti-frère et d’autres chansonniers du début du vingtième siècle. Ces concours n’avaient en fait rien de compétitif car ils ne comprenaient aucun jury ou prix. Ils s’apparentent plus aux défis que se lancent les rappeurs d’aujourd’hui et qui ne servent qu’à démontrer le talent des artistes. Ti-frère, lui, rajoutait l’accordéon de temps à autre à ces formations de base.

Malgré le fait qu’il ait pratiqué, chanté et joué le séga toute sa vie, Ti-frère a été un artiste méconnu pendant longtemps. Né en 1900, Alphonse Ravaton demeure l’un de ces nombreux afro-mauriciens (communément appelé ‘créoles’ à Maurice) qui vivent de petits métiers dans la pauvreté la plus criarde. C’est de cette pauvreté, à l’instar des musiciens de blues aux Etats-Unis, que Ti-frère allait puiser pour réinventer son art.

Au début du vingtième siècle les divertissements étaient peu nombreux dans la colonie britannique de Maurice. Ils l’étaient encore moins pour les classes laborieuses. Un des grands moments de loisirs des créoles de l’époque demeurait les soirées de séga autour d’un feu, les samedis soirs, après la semaine de travail. S’ajoutaient à cette coutume, les ‘bal zarico’ (soirées au cours desquelles une fève de haricot était cachée dans un gâteau et l’invité qui tombait dessus en mangeant sa part devait organiser la prochaine soirée et ainsi de suite).

Au cours de ces ‘bals zarico’, les musiciens et chanteurs de séga pouvaient s’exercer. Ces coutumes propres à la classe ouvrière demeuraient longtemps négligées des décideurs de l’époque. Ti-frère demeurait un de ces nombreux chansonniers de l’île qui n’avaient de rayonnement que parmi ses proches et les amateurs du séga.
"Roi du séga" depuis 1964

Toutefois, en 1964, un événement majeur, ‘La nuit du séga’ à la montagne du Morne, allait révéler celui qui sera par la suite reconnu comme la référence en matière de séga à Maurice. Lors de cette compétition, Ti-frère charma le public et fut couronné ‘Roi du séga’. Depuis, il est devenu le porte-drapeau de cette forme d’art et, avec l’avènement de l’audiovisuel et la dissémination de masse de la musique, l’artiste sortit de son cocon et sa musique et ses paroles connurent de nouveaux horizons qui dépassaient le cadre étriqué de l’île Maurice insulaire.

Il enregistra, dans les années 60 et 70, quelques 45 tours qui sont aujourd’hui introuvables sur le marché du disque et sont devenus de véritables ‘collectors’. Ses meilleurs morceaux peuvent toutefois être entendus sur le format CD car, peu avant sa mort, il avait enregistré un ‘Best of’.

Ti-frère représente également un premier pas dans l’affirmation de l’identité afro-mauricienne. Une identité, qui après des décennies d’oubli, de l’esclavage à l’exclusion économique d’aujourd’hui, se construit peu à peu à travers le travail d’historiens, d’artistes et d’étudiants. Une des dernières initiatives dans ce sens a été le décret d’un jour férié dédié à la commémoration de l’abolition de l’esclavage par l’Etat, le 1er février 2001. Ti-frère, lui, n’aura pas connu une telle reconnaissance. Il nous aura toutefois laissé un inestimable legs en sa musique et sa voix.

Copyright © 2004 - Voyager Ile Maurice.com - Tous droits réservés.]